Libre...

Libre Guyane française. Je suis à l'arrière d'une spacieuse voiture, conduite par Claude et accompagné de Victor. Un énorme joint circule entre moi et le vieux canadien. Claude ne fume pas, trop concentré sur la route. La nuit est tombée depuis quelques temps, les cadavres de pétards jonchent le cuir de la banquette. Je demande à Claude s'il n'a pas un peu de musique et il répond par la négative. Merde, je me fais chier ; avec cette défonce, il me faut trouver un support malléable, exploitant ainsi l'étonnante vision du monde qui m'est offerte en cette nuit : « Claude ?
- Oui ?
- Tu les as tué les mecs dans le hangar, non ?
- Oui.
- Ah...
- Comment ? », Claude parle, mes yeux s'écarquillent et les images sont devant moi. Tout se déroule comme si j'avais, l'espace d'un instant, embarqué à bord du corps de ce cher patriote. Claude arrive par le ciel, flottant dans les airs, suspendu à un large mouchoir. Il atterrit sur le toit et coupe quelques câbles pour ne pas être emmerdé plus tard. Il s'infiltre dans le bâtiment et croise sa première victime. Un jeune soldat, bien rasé, l'homme est armé mais n'a pas le temps de ressentir une dernière fois la sécurité du canon pointé contre la menace. Claude défonce son crâne à coups de couteau. Le bruit sourd de la destruction attire la seconde victime qui, voyant ce qu'il reste de son ami, sanglote honteusement ; son crâne ne tarde pas à être défoncé, lui aussi. Les bottes de Claude essuyées, notre tueur déambule et zigouille un max d'autres mecs. Il tranche, broie, casse et serre. En entrant dans une pièce, il découvre Victor, il l'interroge et lui ordonne de l'attendre dehors, près de la voiture, « Et puis, je suis venu te récupérer.
- Putain, c'est chaud quand même.
- Il fallait te faire sortir de là.
- Ouais, enfin, je pensais pas qu'on en arriverait à tuer quand même.
- T'es Français ! Et ces connards de croisés n'ont aucun droit, ils n'avaient pas à te garder en cage comme un rat.
- Bon ben merci.
- T'inquiète pas. ». La piste se civilise peu à peu, la terre est remplacée par des traces de bitume, les arbres s'éloignent et, enfin, les secousses s'arrêtent. Je retrouve une route officiellement française. Le soleil se lève. Et merde, je suis à balle. Je demande à Victor de me filer un peu de sa merde. Je m'enfile une trace, puis deux. Je demande à Claude d'accélérer et le gars kiffe ! C'est la première fois que je le vois sourire, il passe à droite, à gauche, double un camion, klaxonne ceux qui ne veulent pas se pousser. Il me chauffe ! Je roule un gros pétard. Victor se marre comme un gosse, il ouvre la fenêtre et gueule, imitant un chien. La voiture doit frôler les cent-quatre-vingts en plein milieu de la nationale, esquivant un véhicule tous les cinq cent mètres en moyenne. Je m'allume le nez une troisième fois. Victor demande « la brique », comme il l'appelle. Et c'est vrai que la coke est emballée de façon tellement compacte qu'on pourrait croire à une brique en plâtre. Les quelques coups de couteau dans le plastique protecteur rappellent tout de même que nous sommes face à un bon gros kilo de pure jamaïcaine. Je lui balance le truc et commence à parler à l'oreille de Claude, pour qu'il m'entende clairement malgré le courant d'air : « Tu vas me ramener en France ?
- Comment ça ?
- Ben, genre en avion, quoi.
- Mais t'es en France.
- Oui, oui. Mais je veux dire la vraie France.
- Putain, Sal ! Ne me dis pas que t'es de ce bord-là. Ici, c'est la France, bordel. La vraie France.
- Ouais, bon, ben tu vas me ramener sur Toulouse ?
- Négatif. T'es recherché. T'as un dossier assez épais, tu sais.
- Ah ?
- Ouais ! », Victor lance la brique sur la banquette arrière et cette dernière explose en un gigantesque nuage de poudre. La moitié se retrouve sur le cuir mais l'autre, de moitié, est suspendue autour de nous, Victor se précipite et enfonce le bouton pour fermer la fenêtre. Claude gueule qu'il n'y voit plus rien, la voiture dérape, j'entends des cris. Le nuage disparaît peu à peu. Nos cheveux et vêtements recouverts de cette merde. La voiture est à l'endroit, posée sur le bord de la route, tout le monde va bien. Victor éclate de rire ; on ne tarde pas à rejoindre le vieil homme dans son délire boosté. Les rires se croisent puis se calment : « Putain, Claude, tu m'as foutu la trouille, ahah », personne ne répond et la voiture redémarre. « Alors, Claude ! Putain, qu'est ce qu'on fait ?
- Ah, ça… C'est une surprise.
- Sérieux ? Cool.
- Oui.
- On peut pas avoir un indice ?
- Non. ». Victor et moi avons échangé nos places, le vieux essaye de sauver le produit, à l'arrière, en récupérant le maximum dans un sac en plastoc'. Claude conduit un peu plus prudemment, même si je ne suis pas sûr qu'il fasse très attention aux limitations de vitesse. Je me sens quand même pas mal défoncé. J'aimerais bien savoir ce qu'on va faire, ce que sont nos projets ; avoir une feuille de route. Claude a quelque chose derrière la tête mais ne veut rien lâcher. Victor trifouille dans la boîte à gants, il en sort une bouteille, je crois que c'est du whisky, il lance à Claude : « Est-ce que je peux l'ouvrir ?
- Affirmatif, pas de problème.
- Merci bien, j'aimerais célébrer cette belle journée.
- Il y a des gobelets dans le fond, tu peux les prendre.
- Super. ». Victor prépare trois verres et les distribue : « Messieurs, levons nos verres à cette belle journée et à notre ami Claude, qui nous a sorti d'une sacrée affaire ! ». On lève le coude, le goût est affreux. Le militaire descend son verre d'un trait tout en maintenant la voiture parallèle à la route. Cette coke m'a retourné le crâne. Tout commence à chauffer, l'idée est à peine jugée qu'elle est prononcée : « Les mecs, allez, on va se faire des putes !
- Merveilleux !
- Négatif, on a... – Claude regarde sa montre –, en fait on a le temps. Mais est-ce que tu penses que c'est raisonnable ?
- Cela fait plusieurs années pour moi, mon ami, le supplie Victor - le vieux ment mais ça en vaut la peine.
- Claude, – l'idée me vient comme un éclair – Claude, Claude, Claude. Tu sais, depuis que je suis sorti du pays, c'est la chose qui m'a le plus manqué... Un cœur français. Un cœur français à prendre. Ou à acheter. ». Claude approuve, il nous cherche une pute bien comme il faut. C'est cool de sa part. Victor a réussi à récupérer un gros paquet de poudre, je roule un oinj conséquent. Le soleil est très haut, aucun nuage, c'est une journée parfaite. Après quelques kilomètres parcourus, je vois un groupe de filles et Claude se tourne vers moi avec son second sourire. On arrête la voiture. La route est en bordure d'une petite ville, il n'y a pas grand monde dans le coin. Victor est déjà en train d'examiner les meufs, elles sont quatre, noires, il y en a deux assez grosses, une putain de maigre et la dernière me semble normale. Victor s'éloigne avec les deux grosses vers les broussailles. Claude reste dans la voiture, il n'a pas éteint le moteur. J'hésite. Puis j'interpelle la meuf normale. Ma tête est lourde, il y a beaucoup de choses qui ne semblent pas à leur place. En premier lieu, moi-même, ici, sur une route de merde avec deux dingos et un groupe de putes. Il faudrait éclaircir quelques points, mettre certaines choses au clair. La meuf se colle et me tire un peu plus loin ; j'ai peur de croiser Victor en pleine affaire. On passe un premier arbre et on se cale derrière une sorte de buisson exotique. La meuf enlève directement sa culotte jaune fluo, elle a une jupe affreuse qu'elle relève pour me présenter son cul. Je ne suis plus vraiment au fait de la situation. Tout me paraît anormal. Merde. Le décor glisse vers de multiples points de fuite, la meuf se retourne et commence à me parler bizarrement, elle caresse mon pantalon, putain, faut que je lui dise d'arrêter. Je me mets à courir, essayant de fuir le drame qui se joue ici. J'avance sans me poser de questions. En passant derrière un immense arbre, j'aperçois Victor, il se branle pendant que les deux grosses se mélangent. Victor est la seule personne à pouvoir m'aider, j'essaye de ne pas regarder sa pine : « Victor, putain, ça va pas ! – il s'arrête et remet son pantalon.
- Comment ça ?
- Je sais pas, ya un truc. Ça va pas.
- Calme-toi. Tout est cool.
- Putain, t'as foutu de la merde dans mon verre, bordel.
- Calme-toi, calme-toi.
- C'est quoi ?
- C'est rien, c'est rien. », je regarde ses yeux qui pourraient être ceux d'un loup affamé. Bordel, je savais qu'il allait réussir à m'entuber avec ses acides de merde. Claude arrive en trottinant, les grosses noires se sont arrêtées et demandent de l'argent : « Bon les gars, il faut y aller, on a plus trop le temps. », après avoir donnés quelques billets aux meufs, on rejoint la caisse. Je me sens toujours aussi mal, trop de choses tournent, j'ai un peu la gerbe, la voiture reprend la route : « Victor, t'es vraiment un putain de connard.
- Calme-toi, Sal.
- C'est des putains d'acides, hein ?
- Oui. C'est vrai mais bon, c'est une belle journée, non ?
- Putain, tu fais chier. », je me demande s'il en a aussi mis dans le verre de Claude. Le gars pourrait devenir encore plus cinglé ; il finirait certainement par nous torturer dans la jungle avec des tenailles et une batterie de voiture. Je n'ose pas demander. Pourtant il le faudrait, histoire de gérer au mieux. Je décide de rouler un joint, pour calmer le jeu. Je commence à être sérieusement touché, plus que jamais. La route perd sa droiture, les arbres viennent fouetter mon visage, la voiture accélère grave, je m'allonge sur la banquette : « Les gars, bordel, qu'est ce qu'on va faire ? J'en peux plus.
- Calme-toi, Sal, me répète Victor.
- Arrête de me dire ça, j'peux pas me calmer.
- On va se casser de là, Sal, intervient Claude, voilà la surprise ! », on arrive près d'une grande grille. Claude arrête la voiture et nous demande de l'accompagner. En faisant quelques pas, je comprends bien que ça ne va pas se passer facilement. Il n'y a plus de doute, je suis en plein dedans : Victor, était-ce bien raisonnable ? Les deux me tirent, me traînent, m'attirent vers des choses qui me semblent de moins en moins logiques. Claude explique qu'il ne faut pas s'inquiéter, qu'il est en terrain connu. Il dit peut-être vrai. Le sol est un mélange de sang et d'huile, Victor traverse de temps en temps mon champ de vision. Je ne me fie qu'à Claude, il semble savoir ce qu'il fait. Pour les caméras de sécurité, la scène est la suivante : Un grand homme blanc, certainement armé, guidant d'un pas robotique deux individus radicalement différents. Victor trottine élégamment, sa maigreur n'ayant d'égale que sa folie, il ne trébuche sur aucun des obstacles ; rien ne diffère de sa démarche habituelle, il se trouve dans un état que son corps définit comme normal. De mon côté, je cherche des repères, je manque de peu le ridicule, cognant mes chaussures contre de grosses pierres. Je ne suis pas à mon aise. Claude ouvre une immense porte, il pianote sur des instruments, règle des trucs et des machins pour enfin nous faire entrer dans une salle. On se retrouve dans l'obscurité et Claude commence à nous baratiner : « Bon, Sal... Victor... Il y a derrière cette porte un engin incroyable, il faut m'écouter attentivement... », son nez grossit, sa bouche rougit, il n'y a plus de visage pour supporter son discours ; je ne vois plus qu'un amas de cellules grouillantes liées par du gras et de la poussière. Victor reste attentif aux sons, il me racontera. J'avance, des lumières s'allument, l'ambiance se tasse autour d'un objet métallique. On me presse de faire quelque chose, je ne comprends pas. Merde, ce truc est puissant. Claude m'attrape par les épaules, il m'explique que maintenant il faut l'écouter, que ça devient sérieux. Malgré d'honnêtes efforts, je ne vois pas où il veut en venir. Je ne sais pas où Victor est passé. Claude hausse le ton : « Sal ! Merde. Écoute moi, il va falloir s'accrocher, je compte sur toi. Quand je serai là-bas, actionne le levier droit, t'as compris ? » ? Je crois que je lui dis que oui, il n'y a pas de problème. Je suis dans une étrange pièce, il y a une grande fenêtre : je vois Claude. Je ne saurai dire s'il se trouve devant celle-ci ou à des kilomètres derrière. Victor arrive devant moi : « Alors, qu'est-ce qu'il se passe ?
- Merde, Victor, je capte plus rien. Il faut activer un levier quand Claude sera là-bas.
- Où ?
- Putain, je sais pas.
- Tiens, il est en bas, regarde. », en effet, le militaire ne semble plus être au même niveau que nous. Derrière la vitre un volume immense rempli d'escaliers, de tuyaux, de câbles, … : « Merde, Victor, on est où ?
- Dans une navette.
- Quoi ?
- Une navette. Claude a dit qu'elle était secrète.
- Une navette ?
- Oui, c'est ce qu'il a dit.
- Mais comment ça « une navette » ?
- Une navette pour aller dans l'espace.
- Putain.
- Oui, apparemment, ils allaient l'envoyer avec une équipe de scientifiques et des animaux.
- Victor, je ne comprends plus rien.
- Regarde ! », Claude nous fait de grands gestes, Victor me montre la table à côté de nous. Il y a une centaine de boutons, une autre centaine d’interrupteurs et quelques leviers. Je ne veux prendre aucune décision. Je ne sais pas quoi faire ; et si Victor trouve quelque chose à redire, je lui laisse la voie libre : il n'a qu'à essayer, lui. La scène se passe une première fois, puis une seconde ; mes yeux, bien qu'imprégnés du réel, me font faux bond, à la troisième analyse rétro-diffusée par mon lobe droit, j'arrive à saisir assez d'informations pour me convaincre : Claude est attaqué. Il est encerclé, je crois reconnaître la colère dans ses yeux. J'ai envie de me demander si tout ça est ma faute puis le visage de Victor me revient comme un flash. Claude est exécuté, ce dernier est à terre, refroidi. Le calme du vieux canadien me laisse penser que les assaillants sont trop loin pour tenter quelque chose contre nous, dans les prochaines secondes du moins. Ma main s'écrase sur trois boutons différents, je pousse un levier, bidouille quelques interrupteurs, rien ne se passe... Victor s'anime et sans pouvoir admirer la manœuvre qui l'inspire, je comprends qu'il est dans le vrai. Plusieurs explosions surviennent. Sont-elles réelles ? Je crois voir des corps carbonisés. Est-ce une bonne chose ? Mes questions se perdent et j'en viens à un constat assez basique : le cœur du problème se trouve être ma recherche d'une vision cohérente du monde, or ce souhait, lui même, n'a maintenant plus de sens. Peu à peu, l'esprit se calme et ne reste qu'un doux mépris envers l'anxiété.
Quand le chaos se retire, je ne suis plus vraiment le même. La merde a quitté mon sang, je peux à nouveau envisager, sans trop m'avancer, une compréhension saine de l’intimidante réalité. Autour de moi un bordel monstre : des documents éparpillés, des appareils clignotants ; une chiée d'étoiles par le hublot. Merde. Je n'ai rien de niqué ; quelques douleurs ici et là. En me relevant j'imagine comment j'ai pu m'écraser contre la paroi et piquer un petit roupillon dans ce coin, là. Claude ne peut-être à bord, je revois les images, il est forcément dans de sales draps. La pièce est d'une grande clarté : je suis au milieu de la salle des commandes d'une navette spatiale. Ce constat reste néanmoins vague, aucun élément ne me permet, pour le moment, de le vivre autrement qu'une transition d'un état de vertige vers une frayeur et une rage réalistes. Les choses ont une place et un ordre. Claude est mort, Victor est absent, je dois honorer l'un et retrouver l'autre avant de statuer sur ma situation. C'est le choix le plus stratégique pour ma conscience. J'actionne un bouton poussoir, une plaque d'acier s'élève pour se loger dans le plafond ; un son gazeux accompagne sa course. Devant moi, un couloir métallique accueillant six autres sas. J'ouvre le premier sur ma gauche. L'odeur me fouette le visage, la salle est remplie d'immenses plantes éclairées par un système de luminaires plutôt impressionnant. Le mélange de senteurs ne m'empêche pas de soupçonner une forte Sativa. Je reconnais deux ou trois plantes carnivores et un gros paquet de fraisiers. Drôle d'endroit. Mais je ne peux pas m'attarder, suis-je le seul à bord ? Je retourne dans le couloir et tente ma chance avec le sas d'en face. Moins fleurie, moins amicale, je travaille à garder mon calme. Je retrouve une structure proche de la salle précédente : un sol en métal, des parois truffées de boutons, un hublot donnant sur l'immensité du monde. Le reste est tout de même radicalement différent. Un poulpe à moitié dévoré continue d'espérer au fond de son aquarium, une tortue ramasse les morceaux éparpillés de sa carapace, un tas de boyaux, anciennement canin, me menace par leur manque d'hygiène, un tigre est étalé de tout son long, son museau est blanc, poudreux. La majorité des cages présentes sont ouvertes. Au fond, Victor m'attend. A ses pieds, le paquet de coke éventré, presque vide, et le pochon de weed bien entamé. Le bras droit de Victor est manquant, sa poitrine est amputée d'un énorme morceau : « Sal, merde.
- Putain... Merde.
- Le tigre a mangé la coke.
- Ah... Mais...
- Oui, quasiment toute la coke.
- Mais... Mec. Putain, attends on va essayer de faire...
- Non, il a tout mangé, je crois que c'était il y a une heure, c'est impossible à récupérer.
- Victor, tu... Tu vas crever.
- Sal, essaye de comprendre.
- Victor, attrape ma main, je vais te foutre ailleurs, c'est dangereux avec le gros machin.
- Il est mort je pense.
- Il en a bouffé masse, ouais mais... Putain mec, faut que je te... Faut qu'on fasse un truc.
- Essaye de comprendre.
- Comprendre quoi ?
- Je ne suis plus ici, je suis comme ces étoiles, déjà loin.
- Merde, viens, arrête de dire des conneries, je te bouge de là.», il ferme les yeux. Je ne pense pas qu'il ait vraiment voulu passer un message précis, Victor en a terminé. Je ne sais pas s'il est réellement mort ou s'il veut juste me faire comprendre qu'il ne veut plus parler. Je décide de le laisser, peut-être fera t-il une prière au cas où. Il ne veut certainement pas que j'assiste à ça. La seule cage encore fermée est celle d'un reptile, un iguane. J'ouvre la cage, attrape l'animal d'une main et la weed de l'autre. Je me cale dans la salle des commandes, sur le fauteuil réservé au patron du rafiot. Mon iguane, Paco, sur les genoux, un énorme joint au bec. Devant moi, un grand rien percé de lumière. Sacré pare-brise, sacré fauteuil, sacrée weed. Il y a un manche de contrôle entre mes jambes et un bon nombre de merdes à bidouiller un peu plus loin. Le joint est vraiment chouette. Tout ça ne m'inspire qu'un mot : La conquête.

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