Saison 3 Chapitre 1

CHAPITRE 1

« Je sais pas...
- Comment ça... Qu'est-ce que vous ne savez pas ?
- Il doit me manquer quelque chose.
- Vous savez, il manque beaucoup de choses à beaucoup de personnes. Si vous avez un besoin, et tout le monde vous le dira, il faut travailler. En travaillant, vous vous rapprochez toujours plus de vos réponses.
- Travailler ? Ouais...
- Vous n'aimez pas votre travail ?
- C'est pas la question, je vois juste pas comment ça va m'aider.
- J'ai un patient qui, par exemple, a longtemps cherché la raison de ses visites dans mon cabinet... », j'ai du mal à imaginer d'autres personnes assises à ma place, ici. Ce mec a d'autres patients ? Ce serait logique après tout... Ce qui est sûr c'est que nous ne sommes pas assez nombreux pour nous croiser en rentrant ou en sortant de cet endroit. Peut-être que tout ça est parfaitement étudié... Que se passerait-il si on comparait l'avancée de nos thérapies ? Que se passerait-il pour ce bon vieux professeur Lotras si son incapacité à nous nettoyer le crâne résonnait à l'unisson ? « Je ne peux évidemment pas vous communiquer son nom mais... Sachez qu'il vit bien – ses dents de prédateur grincent de satisfaction. Ce patient donc... Ce patient ne... », il continue son histoire de patient riche qui achète une piscine pour soigner son cerveau malade et je commence à rouler un joint. « Parlez moi de cette manie.
- Hein ?
- A chaque séance vous...
- Je vous l'ai déjà dit et vous... Laissez tomber. J'ai pas envie de gâcher mon fric à vous parler de weed.
- C'est peut-être...
- Bon, je vais y aller.
- Monsieur Mocco, ne le prenez pas comme ça.
- Je vous le répète à chaque fois, ça n'a rien à voir avec mon problème.
- Mais...
- Absolument rien. Je perds du fric là, bordel de merde. », sa grosse tête se gonfle. Je vois qu'il est arrivé au bord de la crise de nerfs. Il ne veut plus chercher à me comprendre, je l'exaspère, les prochains mots qu'il prononcera seront simplement là pour meubler une conversation qui lui rapporte gros. Il sent qu'il me perd ! Au moins, sur Terre, un psy n'a pas le pouvoir de vous arracher la tête avec ses dents. Je préfère me lever, le remercier et lui promettre de revenir très vite – ce que je ne ferai pas. En sortant de son petit cabinet, je retrouve rapidement mes marques ; le soleil rouge nous berce de sa douce lumière et rend par contraste la ville plus supportable. Néanmoins, il n'aide pas à mieux respirer, l'air de cette planète est épais, gras, ne donnant pas envie de traîner dans les rues. Je m'active, joint au bec, pour rejoindre mon vaisseau. Des inscriptions tatouées sur le sol brillent et permettent d'orienter les habitants vers les points les plus proches de restaurations, de transports ou de baise. Les Valmériens ne sont pas difficiles, ils n'ont, selon eux, jamais beaucoup de problèmes, c'est pourquoi ce psy voit en moi une potentielle façon de survivre. Me soutirer un max de fric avant que je retrouve le moral, si jamais je le retrouve un jour. En regardant une dernière fois sa cabane, je me demande comment j'ai pu imaginer un jour m'en sortir en entrant là-dedans. Son bureau est aussi déprimant que sa fiche de paie. Combien a t-il de clients ? Deux, peut-être trois ? Il ne doit pas en être à sa première tentative de suicide. Mon vaisseau est un peu plus loin, je le rejoins en quelques minutes. Il faut ensuite demander au responsable du parking l'autorisation de décoller pour rejoindre une route aérienne. J'ai le temps de me caler, bouffer quelques fraises, fumer un pétard. La vie n'est pas compliquée, alors pourquoi je me retrouve là, à vouloir parler à un putain de professionnel ? Un écran clignote, la tour de contrôle du parking me contacte : « Autorisation de décollage accordée », j'allume les machines, « Attendez le signal pour démarrer les machines, vous êtes le quatrième sur la liste d'attente », je finis mon joint. La meuf derrière son micro n'est pas farouche, elle voit bien sur son moniteur que j'ai démarré tous mes moteurs, qu'est-ce qu'elle pourrait faire ? Les Valmériennes n'ont pas beaucoup de pouvoir et puis, il faut dire que ces normes écologiques sont très peu appliquées, le climat en souffre, certes, mais bon. La petite weed qui pousse dans la serre est toujours aussi bonne, une sativa, certainement un croisement à base de diesel. Étrange que des européens envoient une weed américaine dans l'espace. De toutes les façons, c'est la seule espèce que j'ai, les quelques trucs de jardinier appris sur Terre m'auront permis de me défoncer dans l'espace sans avoir peur de la famine et c'est un grand luxe. J'aurais au moins aimé envoyer un message à la Terre, histoire de justifier le vol d'un appareil aussi important pour eux : « Ça pousse comme dans mon placard, les gars ». Enfin, ce vieux coucou a bien changé depuis le temps. Je n'arrive même plus à compter le nombre d'année depuis mon arrivée. Le temps ne marche pas de la même manière ici. Au début, j'avais tenu un petit calendrier approximatif mais je ne sais plus où j'ai bien pu le mettre. Ah... Il en aura fallu des choses pour retrouver un tant soit peu de normalité. Oublier les traumatismes, s'adapter à la situation et retomber dans la banalité du quotidien. J'aurais très bien pu crever seul dans ma cage en métal mais les choses se sont passées autrement. Sur le moment, j'ai cru que c'était terminé que j'avais percuté un énorme bout de roche. Le bruit était affreux. J'avais l'impression que ma tête était écrasée entre deux morceaux de glace, les couleurs n'étaient plus. Entouré d'un tissu de nouvelles ondes, je ne comprenais pas que j'étais le premier humain à parcourir de cette façon l'espace. Quand tout est redevenu calme, j'ai regardé par les hublots et compris que je m'approchais d'un nouveau système planétaire. Un appareil s'est avancé vers mon vaisseau, rapidement positionné au-dessus de ma carlingue ; c'est à cette occasion que j'ai vu mon premier Valmérien. Le toit de la salle des commandes s'est lentement découpé puis un être a passé prudemment la tête par le trou. De longues dents, de petits yeux blasés, des écailles vertes et mauves, je n'ai pu laisser échapper qu'un cri d'épouvante, ma main a lâché le pétard que je m'étais roulé et j'ai continué à crier. Puis l'animal s'est mis à siffler, un flux continu d'air passant des basses profondes à d’agressifs aigus. Ils m'ont dit que je m'étais évanoui mais je les soupçonne de m'avoir balancé une de leurs décharges neuronales. Un truc qui te grille le cerveau et te fait émerger plusieurs jours plus tard dans un état proche de la folie. Autant dire que le réveil fut difficile. Allongé dans une pièce vide, une voix dans ma tête me demandant clairement de prononcer plusieurs mots. Ils y avaient installé un de leur traducteur et attendaient de moi une coopération totale. Après quelques jours de mots en tout genre, un Valmérien vint me voir et commença une étrange discussion. L'iguane de deux mètres cinquante de haut prit la parole et l'appareil caché au milieu de mon crâne transforma l'affreux bruit entendu dans le vaisseau en une voix humaine presque naturelle : « Salutation.
- Euh... Bonjour.
- Êtes-vous apte à la reproduction ?
- Pardon ?
- Pouvez-vous vous reproduire ?
- Oui, je pense. Je veux dire... J'ai pas fait d'examen mais je crois que oui.
- Vous pouvez vous reproduire seul ?
- Quoi ?
- Est-ce que vous pouvez créer un autre individu, seul ?
- Ah... Non.
- Vous ne pouvez pas vous reproduire alors ?
- Ben, si mais il faudrait que je...
- Oui ?
- Ben, que je trouve une fille mais bon.
- Je vois, oui. Vous êtes sûr que vous ne pouvez pas vous reproduire seul ?
- Ah oui, j'en suis certain, oui.
- Si jamais nous venons à apprendre que vous nous avez menti, nous serons dans l'obligation de vous détruire.
- Ah, mais je mens pas !
- Très bien.
- Quel est votre régime alimentaire ?
- Je mange pas mal de fruits.
- Végétal.
- Ouais, ouais. Mais j'aime bien le jambon aussi.
- De la viande ?
- Ouais. Vous avez du jambon ?
- Non.
- Ah... Ben...
- Quel est le degré d'avancement de votre civilisation ?
- Euh... Ben, je sais pas. Qu'est ce que vous voulez savoir ?
- Le degré d'avancement.
- La dernière chose dont je me rappelle, c'est une imprimante en trois dimensions.
- Combien de planètes avez-vous colonisé ?
- Aucune.
- Ah...
- Ben, on était en train d'essayer un peu de...
- Oui. Nous nous occupons du deuxième individu, il va très bien.
- Le deuxième individu ?
- Oui. Nous réalisons en ce moment même quelques tests.
- Vous parlez de Paco ? L'iguane ?
- Certainement.
- Ce n'est pas vraiment un individu.
- Si, il en est un – sa tête se gonfle, ce qu'il faut assimiler, je le comprendrai plus tard, à une mauvaise situation.
- Ben, mouais. Enfin, si on veut.
- Nous réparons votre véhicule et appliquons quelques modifications pour que vous soyez aux normes en vigueur sur les réseaux du système Valmérien.
- Ah, d'accord.
- Vous avez le droit de circuler librement, si on vous arrête, présentez votre carte de résident – il me donne un petit objet en verre, quelques dessins gravés dessus –, nous vous verserons un peu d'argent pour ne pas que vous mourriez de faim et nous vous ferons parvenir une liste des choses que vous pourrez consommer sur nos planètes. Étant fait de carbone, la majorité des aliments présents ici devraient convenir mais nous ne connaissons pas encore exactement les réactions que votre corps pourrait avoir à certains produits. Prenez garde. Quelques personnes étudient votre cas.
- J'ai encore pas mal de fraises dans ma serre. Je pourrai tenir.
- Oui. ». J'attendis dans une chambre pendant qu'ils effectuaient les réparations de mon vaisseau. Un Valmérien vint ensuite me chercher et m'expliqua les nouvelles commandes qui avaient été installées. L'appareil était devenu clair. Avant ces modifications, je n'avais aucun contrôle sur la machine, il y avait tellement de possibilités... Mon tableau de bord était maintenant lisible. Après quelques tests avec un instructeur, je devins un pilote raisonnablement bon. Mon histoire fit rapidement le tour des planètes Valmériennes, quelques articles avec ma photo furent écris. Ce n'était pas si souvent qu'un « gsène » – c'est comme ça que mon traducteur dit – débarque. En effet, la spécificité du système Valmérien réside en sa position relativement proche d'une sortie de « réseau traversant » – là aussi, je ne peux me fier qu'à mon traducteur ; comme beaucoup des mots que je n'aurais jamais entendu ailleurs qu'ici –, ainsi il n'est pas surprenant de voir débarquer de temps en temps une navette avec un ou plusieurs gsènes à bord venant de l'autre bout de l'univers. Le système Valmérien ne s'est pas construit sur la richesse intellectuelle des autochtones, oh non... Ces gars sont plutôt cons. De plus, ce système est complètement isolé, jamais personne n'a voyagé de manière conventionnelle jusqu'ici. Le vrai talent de ces reptiles a toujours été de se servir des gsènes venant de civilisations très avancées pour faire évoluer leurs propres connaissances. Ici, c'est le trou du cul de l'univers, éclairé du savoir de quelques personnes tristement happées dans une putain de faille spatio-temporelle. Le traducteur est, par exemple, l'invention d'une sorte de petit truc touffu arrivé à bord d'un vaisseau que les Valmériens n'ont d'ailleurs pas tardé à copier dans sa totalité. Le gars a vécu, et vit toujours, dans la démesure et le luxe ; une ville de la première planète (l'ordre des planètes est dû à la chronologie de leur colonisation ; il en existe trois colonisées sur un total de quatre solides, les deux autres sont des géantes gazeuses et sont considérées comme inhabitables) porte son nom : « Trilimn ». Donner des putes et du fric est une manière polie d'inviter la personne à rester et à être coopérative. Ainsi, jamais aucun gsène n'a eu l'occasion de rentrer chez lui. Les lézards n'ont pas la technologie nécessaire pour parcourir d'aussi longues distances et ils ne laisseraient jamais à un gsène, ayant la capacité de la développer, assez de moyen pour lui permettre de travailler dessus. Non, un gsène sert seulement au gouvernement Valmérien à asseoir encore un plus son autorité sur le peuple. Je ne suis donc pas surpris d'avoir été interrogé pour, dans un premier temps, vérifier ma dangerosité directe et, bien sûr, voir si je pouvais apporter quelque chose d'intéressant à leur culture. Ils ont embarqué des échantillons de weed et de fraisiers mais n'ont pas été emballé par cette découverte. Leur corps n'assimile pas la weed comme le mien, les tests ont montré qu'ils éliminent trop rapidement les alcaloïdes pour qu'ils puissent leur faire un réel effet. Peu importe. Ma médiatisation fut de courte durée, j'ai senti que je ne pourrais de toutes les manières pas en tirer un gros profit et ai donc décidé de faire autre chose de mon temps qu'essayer de participer à de très mauvaises émissions en tant que bizarrerie, pour un salaire de misère qui plus est. Paco, l'iguane, fut en revanche beaucoup plus intéressant pour les Valmériens. Cet animal leur ressemblait tellement... Ils furent passionnés par son histoire. Des centaines de scientifiques bossèrent sur son cas, des sommes gigantesques furent dépensées pour réussir à le faire parler. Après un temps qui me sembla infiniment long, ils réussirent à en faire quelque chose. Le pauvre ne ressemblait plus au bel animal qui trouvait souvent refuge sur mes genoux. Il ressemblait maintenant à un Valmérien. Il avait un corps composé en partie de métal, je reconnaissais un peu son regard mais le reste ne m'inspirait que le dégoût. Il parlait Valmérien, les gars avaient bossé. Le résultat ne fut néanmoins pas à la hauteur de leurs espérances, Paco était encore plus con que le Valmérien moyen. Il passait son temps à raconter des conneries, ne voulait pas lever son cul du canapé et ne comprenait pas pourquoi tout le monde voulait le filmer. Le con, il aurait pu se faire des couilles en or. A la place, il vint me voir et s'installa dans mon vaisseau, il n'avait pas complètement oublié les moments passés ensemble depuis le décollage en Guyane, j'étais ce qui ressemblait le plus à un ami. Les médias se désintéressèrent de lui et le gouvernement voulu étouffer l'affaire pour qu'on ne puisse pas lui reprocher d'avoir foutu en fumée autant de fric. Paco n'est, comme je le disais, vraiment pas une lumière. Fumant une quantité impressionnante de weed chaque jour, il gère mon planning et fait, quand il le veut bien, ce que je lui demande. Je n'arrête pas de lui répéter que la weed ne lui fera jamais d'effet mais il continue, me disant qu'il n'a aucune preuve que ça me fait vraiment de l'effet, à moi. Il mesure quand même deux mètres et quelques de haut, avec un bras mécanique capable de broyer n'importe quelle barre d'acier, j'accepte donc de faire quelques concessions quant à ses singularités. De plus, il m'aide bien quand j'ai un problème avec quelques mauvais payeurs. Oui, car mon boulot m'en fait croiser un bon nombre : après que le gouvernement ait arrêté de me verser du fric, il fallut trouver quelque chose à faire... En rendant un service à une Valmérienne qui pensait que son mari allait baiser ailleurs, je compris vite que mon image de petit fouille merde pouvait valoir un petit paquet. Je ne suis pas le plus passe-partout des mecs du coin et quand on me croise, on se rappelle de moi, mais quand il s'agit de se cacher dans des endroits sombres ou, plus simplement, d'être moins con que le Valmérien moyen, je me débrouille. J'ai donc monté ma petite affaire de détective privé et ai eu mon lot d'affaires sympathiques : « Un doute ? Appelez Sal », qu'ils disent. C'est surtout une histoire d'image. Je ne sais pas si je suis beaucoup plus performant que les autres mais en tout cas, j'ai la gueule de l'emploi. Et puis faut dire que ça fait plus exotique de faire appel à mes services qu'à ceux d'un reptile souvent défoncé à une de leurs liqueurs. Dans tous les cas, les bureaux Mocco tournent bien. Au départ, j'ai commencé avec des contrats à la con puis me rendant compte des possibilités offertes par mon ami quasi indestructible, je suis passé à des choses plus sérieuses, quelques articles ont parlé de moi comme « l'ombre sans écaille ». Un jour le gouvernement me contacta directement, une histoire de trafic de flingues. Reconnaissance des lieux, quelques infos, quelques photos et basta. Les politicards kiffèrent le boulot et promirent de me recontacter – ce qu'ils firent. Je ne dis jamais non à une de leur demande car même s'il y a des risques non négligeables, quand on parle fric, le gouvernement sait y faire. Puis bon, les seules fois où ça aurait pu chauffer pour mon cul, Paco était là pour calmer le jeu. Ce gars est une sorte de sympathique monstre. Je le trouve souvent terrifiant après m'être enfilé deux ou trois pétards, mais généralement, quand je lui en fait part, il fait un effort et enlève de son visage le rictus typiquement reptilien qui rappelle les origines prédatrices des Valmériens. Bref, mon planning se cale donc sur les besoins du gouvernement qui, dans ce secteur, sont assez réguliers. D'autres petites affaires me permettent de tenir la boutique mais je n'en prends plus autant qu'avant. Pour preuve, Paco et moi vivons encore sur les réserves du dernier contrat gouvernemental finalisé il y a de ça quarante jours de la première planète (ces jours sont beaucoup plus courts que ceux de la Terre, peut-être deux fois plus). « Vous pouvez y aller », gueule t-elle dans son micro. Le vaisseau commence à vibrer et j'entends le sas de la salle des commandes s'ouvrir derrière moi : « Ah, t'es rentré, c'était comment avec le psy ?
- Pas terrible. ».

3 commentaires:

  1. Premier épisode très alléchant
    "L'ombre sans écailles" lel j'ai bien rigolé.
    r

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  2. "En dehors de cette aversion pour la psychanalyse, finalement commune à beaucoup d’artistes, Lovecraft avait quelques petites raisons supplémentaires de s’en prendre au « charlatan viennois ». Il se trouve en effet que Freud se permet de parler du rêve, et même à plusieurs reprises. Or, le rêve, Lovecraft connaît bien ; c’est un peu son territoire réservé. En fait, peu d’écrivains ont utilisé leurs rêves de manière aussi systématique que lui ; il classe le marériau fourni, il le traite ; parfois il est enthousiasmé et écrit l’histoire dans la foulée, sans même être totalement réveillé (c’est le cas pour Nyarlathothep) ; parfois il rerient uniquement certains éléments, pour les insérer dans une nouvelle ; mais quoi qu’il en soit il prend le rêve très au sérieux.
    On peut donc considérer que Lovecraft s'est montré relativement modéré avec Freud, ne l’insultant que deux ou trois fois dans se correspondance ; mais il estimait qu’il y avait peu à dire, et que le phénomène psychanalytique s'effondrerait de lui-même. Il a quand même trouvé le temps de noter l’essentiel en résumant la théorie freudienne par ces deux mots : « symbolisme puéril ». On pourrait lire des centaines de pages sur le sujet sans trouver de formule sensiblement supérieure."

    Michel Hlbcq, H.P. Lovecraft. Contre le monde, contre la vie 1991

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    1. Très jolie citation. Je me rappelle bien de ce passage et il faudrait que je relise le bouquin à l'occaz'. D'ailleurs, dans le même genre, en plus narratif, il y a "Je suis vivant et vous êtes mort" d'Emmanuel Carrère sur la vie de Philip K. Dick, ça devrait te plaire.

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