Saison 3 Chapitre 10

CHAPITRE 10

Paco est installé en face de moi, il veut me faire la lecture. Il met un temps fou à trouver ma page. Enfin, il murmure : « Ah, voilà.
- Alors ?
- Attends. », il marque un silence d'une longueur inexplicable. Malgré le joint me tenant compagnie, je commence à m'ennuyer : « Alors ? Putain de merde.
- Ouais, c'est bon.
- C'est bon ?
- Ouais.
- Comment ça, « c'est bon » ?
- Ben, ça va, je crois.
- Mais merde, lis à voix haute, putain ! Ça veut rien dire « ça va ».
- Ben, y a trois parties.
- Ouais ?
- Alors, y a « Risques directs », « Risques latents » et « Progéniture » .
- Vas-y, vas-y, balance.
- Pour les risques directs, il y a six étoiles sur cent et ils marquent : « La forme et la composition du sexe du gsène permettent une relation de type sexe-sexe sans risque pour une Valmérienne. Le gsène peut connaître quelques irritations mais en aucun cas une blessure handicapante. Les rapports de type sexe-oral peuvent être envisagés dans la mesure où le ou la Valmérienne ne prennent aucun risque. A l'inverse, le gsène peut être victime de lésions quand il n'est plus acteur de la partie orale de ce rapport. Les sécrétions sont compatibles. »
- Cool, cool. Les risques latents, maintenant.
- Il y a huit étoiles sur cent. Ils disent : « La stabilité des deux systèmes permet de prédire un risque très faible de dégénérescence. »
- C'est tout ?
- Ouais.
- Bon... Et la dernière partie ?
- T'as dix-huit étoiles sur cent. Ils disent : « Même si le mode de reproduction semble similaire pour les deux espèces, les deux ne semblent pas pouvoir se mélanger. La quantité importante de procéduriers dans l'attaque de la matière femelle ne compensent pas leur faiblesse intrinsèque. La chance qu'un des procéduriers arrivent à traverser la pellicule protectrice femelle est très faible. »
- Ahah, « Procéduriers », marrant.
- C'est quoi ?
- Le sperme, mon vieux.
- C'est bon, non ?
- C'est super. Putain. On est blindés, je peux baiser, on a survécu à une putain de mission, putain, ouais !
- On va fêter ça.
- Ouais.
- Je t'amène dans un repère merveilleux, on va aux putes ! », je suis les indications de Paco et on gare le vaisseau à côté du bordel. Il fait toujours nuit, le bâtiment est d'un bleu éclatant, il y a une photo de Valmérienne nue au-dessus de l'entrée, c'est assez typique, en fait. Devant la porte, trois lézards font le tri, il ne faut pas laisser passer les voyeurs sans fric. On me regarde étrangement mais Paco semble être connu, les lézards lui sourient et nous invitent à entrer. L'air est frais, agréable, ça ne doit pas être n'importe quel bordel. Paco va parler à la Valmérienne tenant l'accueil. Il revient, amusé : « Viens, elle m'a dit que je pouvais te faire un peu voir l'endroit, tu peux prendre qui tu veux mais j'ai une petite idée pour toi. », le sol est couvert de poils jaunes, je pense qu'il s'agit d'une réelle fourrure, certainement originaire de la troisième planète ; il y a des générateurs de lumière dans chaque recoin de la salle, c'est la première fois que j'en vois de cette sorte : ils plongent la pièce dans un vert irréel. Je ne savais même pas que les Valmériens avaient des lampes d'une autre couleur que l'habituel bleu ou mauve. On passe dans un couloir, là aussi du jaune sous nos pieds et du vert dans la gueule : « Hé, Paco. C'est quoi ces lumières ?
- Les vertes ? Ouais, c'est pour la bite des Valmériens.
- Quoi ?
- Ils aiment bien ça, apparemment. », Paco s'arrête devant une porte, il se met en face de moi, une main sur l'interrupteur d'ouverture : « Bon, voilà, je te montre un peu comment ça se passe, il y a différentes sortes de salles, ici c'est les moins chères, tu partages une fille avec un autre mec et souvent les filles sont amochées.
- Partagée ? On se retrouve à deux sur elle ?
- Ouais mais vous êtes pas dans la même salle. », pour répondre à mon air troublé Paco actionne l'interrupteur et j'aperçois l'intérieur de la pièce. C'est un tout petit endroit, on dirait presque un placard, il y a un générateur assez faiblard de lumière verte pendant au plafond, le sol est, ici aussi, jaune, touffu. Au fond, une Valmérienne, elle est penchée et son buste disparaît dans le mur. Ce n'est en fait qu'une moitié de lézarde, Paco me tape du coude et me dit que ce n'est pas son côté préféré. La pute nous propose d'entrer, je remarque que son corps est soumis à de légères secousses, un mec doit être en train de la baiser, juste derrière ce mur. Cela me semble grotesque. Le lézard referme la porte et me dit qu'il y a beaucoup mieux : « Paco, c'est sympa de vouloir me faire visiter l'endroit mais les bizarreries Valmériennes, j'en ai un peu ras le cul.
- Ça marche, je t'emmène à ta chambre. Elle s'appelle Goffer, elle est jeune et plutôt canon.
- Tu sais pour moi, une Valmérienne, ça reste une Valmérienne. », on fait quelques pas dans le couloir puis empruntons un long escalier. Paco connaît vraiment bien la baraque et quand il me présente l'entrée de ma chambre, je sais qu'il ne se trompe pas. Il me tend un bout de verre marqué d'un symbole que je ne connais pas : « Donne ça à Goffer, ça prouve que t'es baisable, ils font gaffe avec les gsènes par ici », je le remercie et pendant qu'il s'éloigne pour rejoindre sa chambre, je pénètre dans la mienne. La pièce est assez grande, de très beaux générateurs de lumière verte sont installés sur les murs, le sol n'est pas le même que dans le reste du bâtiment, c'est une fourrure plus dense, tirant vers le bleu turquoise. Au centre, un gigantesque lit, une Valmérienne y est installée. Elle me sourit et j'avance : « Salut.
- Salut, je peux voir ce que tu as entre les mains ? – je lui tend le bout de verre et elle le range dans un tiroir avec un léger sourire – Très bien, merci. Je m'appelle Goffer.
- Euh, ouais. Moi, c'est Sal. », elle est habillée d'une robe qui a l'air facilement déchirable, elle est peut-être même faite pour ça. Goffer doit faire une dizaine de centimètres de plus que moi ce qui est relativement petit pour une Valmérienne. Je m'assois sur le lit et elle me rejoint : « Tu permets qu'on prenne notre temps, j'aimerais bien fumer un joint.
- T'as payé pour avoir tout le temps que tu souhaites mon mignon. », je roule rapidement un joint et le grille : « C'est quoi ce que tu as là ?
- C'est de la weed. Pour être un peu tranquille.
- Tranquille ? Tu es stressé ?
- Ah... Non, je ne pense pas. On va dire que c'est une habitude.
- Je peux essayer ?
- Si tu veux mais ça ne fait pas d'effet aux Valmériens.
- Ah, tant pis alors. Tu fais quoi dans la vie mon joli ?
- Je suis détective.
- Ah ! Je vous sers un verre, détective Sal ? », elle sait s'y prendre, j'ai un début de gaule. Je lui répond que je veux bien un petit verre, oui. Je termine mon joint au moment où Goffer me passe le cocktail qu'elle vient de préparer, un second pétard est déjà installé dans mon bec quand elle demande : « Je crois que je t'ai vu sur un panneau publicitaire, en fait.
- C'est possible, j'en ai quelques-uns sur cette planète.
- Impressionnant – elle pouffe. », je ne sais pas trop si elle cherche à se foutre de moi ou si c'est un stratagème pour avoir l'air naïve mais je ne préfère pas relever, je suis là pour m'amuser. Quand le second joint termine écrasé sur la table de nuit, la Valmérienne passe sa main dans mon dos. Ses griffes sont limées mais la vision de ma peau se relâchant brutalement dans le sang n'arrive pas à disparaître. Quand je me tourne vers elle, je me rends compte que son visage est tout près du mien. Elle a de petits yeux noirs, une mâchoire plus courte que celle du Valmérien moyen, ses écailles brillent du même vert que celui de la pièce. J'essaye de relativiser, c'est vrai que je suis sur le point de plonger ma queue dans un crocodile parlant mais bordel de merde, je n'ai pas baisé depuis longtemps. Cette meuf a l'air sympa, elle est attentionnée, putain, faut y aller. Goffer, ayant senti mon hésitation, approche sa gueule de ma bouche. Attendant un baiser – qui aurait eu la particularité d'être effectué avec un être sans lèvres –, je ferme les yeux, la langue de Goffer caresse mon visage : « Je suis si moche que ça ?, commence t-elle avant que je ne ré-ouvre les yeux.
- Non, non. », c'est vrai que ce lézard doit être un véritable canon pour ceux de son espèce mais putain, pour moi elle reste un être dangereux avec un corps profondément hostile. Je finis par sortir ma langue et dès que mes cinq centimètres s'exhibent, elle se précipite pour les lécher... Ce n'est pas désagréable et je sens toujours la présence de ma langue : il n'est pas rare de voir les pires choses se produire dans un silence prémédité. Un anesthésiant, quelques enzymes destructeurs et voilà un organe déjà phagocyté par le malin. Non, rien de tout ça. Goffer s'arrête et commence à descendre au niveau de ma bite. Elle vire mon froc et veut se mettre au travail : « Ouais... Non. Laisse tomber. Pas tout de suite.
- Tu veux qu'on arrête ?
- Non mais... Me suce pas. », ses dents tranchantes disparaissent dans la honte. C'est agréable d'avoir ce pouvoir. Une civile m'aurait fait chier, c'est sûr. Cette meuf peut rien faire, il doit y avoir un gros balèze derrière tout ça. Tu gueules et la pute se fait cramer les yeux au chalumeau... Du moins je l'espère : « Tu peux me branler... Si tu veux. », elle s'active comme si j'étais un routier habitué et le truc vient sans prévenir sur sa gueule : « Bordel... Merde. », le blanc coule sur ses narines mais ça ne suffit pas à me faire oublier que je viens de gâcher ma chance : tout ça pour ça. « Ça fait longtemps... T'aurais pas dû y...
- Tu as toute la nuit... On peut repartir quand tu veux, joli cœur. T'as tout ton temps.
- Tant mieux, parce qu'il va m'en falloir pour regrimper. », je roule quelques joints et les grille les uns après les autres. Goffer est très pro, elle fait la discussion et semble passionnée par ce que je dis. Après lui avoir fait part de quelques anecdotes cocasses sur des clients, je décide de repartir au combat. J'explique à la meuf qu'on peut essayer une pipe sans dents. Elle doit mettre sa gueule à distance respectable et sortir sa longue langue : « Pas de dents, hein. D'ailleurs, ouvre même pas la bouche. ». Je suis vraiment bien défoncé et la lézarde fait un boulot impeccable. Quelques fois, je me couche sur le lit pour ne plus voir sa gueule. J'imagine une humaine puis dérive doucement pour passer de l'anonyme vision globale d'une blonde aux mains douces à l'être qui m'a le plus émoustillé depuis que je suis arrivé ici. Mil agrippe ma perche et l'enfourne dans sa salope de bouche. Quand je balance la sauce dans celle de la pute, un esprit vengeur prend possession de mon corps, je guide Goffer sur le lit et la fout à quatre pattes. Évidemment, elle ne porte aucun sous-vêtement et quand je lève le bas de sa robe, son cul me salue d'un risible éclat vert. Six étoiles sur cent, c'est rien du tout, putain, vas-y ! J'approche ma bite et m'encastre sans plus de cérémonie. Les écailles vaginales sont tendres, souples ; j'étais où ces dernières années ? Un rideau vient de tomber et pour une fois, le spectacle est là. Ce n'est pas aussi chaud qu'un vagin humain, sa largeur est peut-être un peu vexante mais... J'ai trouvé l'espoir. En pleine confiance, je me garde d'y aller en douceur, j'essaye de défoncer la lézarde qui répond par politesse. Comme toujours, ces cris me semblent infondés au départ mais pleins de sens arrivé aux bords de la conclusion. Après trois levrettes et un soixante-neuf – délicat de mon côté, je salue Goffer qui m'invite à revenir rapidement. Quand je rejoins l'accueil, on m'informe que Paco n'a pas terminé. Je me dirige donc vers le vaisseau et m'allonge, épuisé, dans mon lit. Un dernier joint m'aide à m'endormir agréablement.

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