Space cake et ...

Ce matin, je mange du space cake, j'ai déjà avalé plus de la moitié du gâteau : ce petit con est vraiment trop envoûtant pour ne pas y succomber. Je sais que je vais prendre grave dans la gueule, une seule part suffit généralement mais je n'ai rien à faire de ma journée ; malgré un ciel sans nuage, dehors, il fait un peu froid. Mon calendrier indique un jour vierge de toute folie, il faut que je m'organise pour y remédier. Après avoir terminé ma sixième portion, je m'allume un pétard, le gâteau ne fera effet que dans une heure ; échauffer ses muscles avant le marathon de la défonce ne me semble pas dénué de sens. Je m'installe devant la télévision avec les quatre prismes chocolatés restants. L'émission présentée est dénuée d’intérêt mais je grille tout de même mon pétard devant ; il ne reste plus qu'un morceau de cette véritable bombe à retardement – déjà partiellement amorcée. Je m'empresse de l'avaler et m'allume un nouveau joint. L'émission se termine sur une étrange conclusion ; je ne comprends pas tout mais il est question de la restructuration d'un organisme dont j'ai, maintenant, oublié le nom. J'écrase le cadavre de pétard dans mon cendrier feuille de weed et change de chaîne. Je commence à sentir un petit quelque chose, mon bide travaille dur, une chaleur grandit dans mes entrailles et, extérieurement, mes gestes se font de plus en plus lents. De plus, l'appartement me semble étrangement petit, je décide d'ouvrir la fenêtre et de respirer l'air frais toulousain. C'est réellement agréable. D'ailleurs, je vais aller faire un tour. Nettoyer mes poumons, m'acheter un soda, peut-être même un kebab. Je prends mes clefs d'appartement, mon badge et descends les escaliers. Dehors, le froid me saisit ; la lumière aveuglante me mène à statuer que je suis bien défoncé. Je marche un peu au hasard, suivant le trottoir, lentement mais sûrement ; quelques fois, je me demande si je ne frôle pas un peu trop le mur et je me recentre. Arrivé à un croisement, je continue sur ma droite, je suis quelques personnes. Je sens que ma tête flotte dans un vrai parc à nuages, oubliant le sujet de ma propre pensée. De fil en aiguille, je me retrouve devant un homme habillé de bleu, me tendant un journal : j'accepte l'offre et poursuis ma lancée dans ce qui pourrait très bien être un troupeau bêtement guidé par un petit vieux armé d'un simple bâton. En passant le tourniquet, je me rends compte physiquement que je suis en train de prendre le métro, non pas que j'ai pu louper l'information mais tout semblait si mécanique, si dénué de réflexion, que l'idée d'être prêt à monter dans la rame ne m'avait pas encore parue très emmerdante . Il faut sortir d'ici, tout en restant crédible, je bafouille. Quelque chose, n'importe quoi. Je lève mon journal vers le ciel : « Merde », me retourne brutalement : l'oubli fatal d'une vie. Tout le monde doit y croire, la déception à l'idée de ne pas me retrouver collé à d'autres personnes pendant quinze bonnes minutes sous terre se lit clairement sur mon visage, tout est parfait. En me retrouvant à l'extérieur, je suis perdu. J'essaye de me rappeler ce que je peux bien foutre ici, un homme en bleu s'approche de moi mais voyant que je tiens le même numéro que celui qu'il s'apprêtait à me refiler, il rebrousse chemin, un faux sourire déchirant son visage. J'avance pour n'éveiller aucun soupçon, je regarde mes pieds pour éviter d'apercevoir la gueule des passants. Je ne sais plus où je suis, je suis perdu. Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire ? Mais qu'est-ce que je fous ici ? J'en viens à douter de mon existence. Il faut absolument faire quelque chose. A quelques mètres de moi, je vois un bel endroit. Un endroit calme, où repose ce qui pourrait se retrouver rapidement sous mon cul. Des cartons qui ont l'air d'avoir été arrangés de façon à faire un parfait transat. Bordel. Le tout est à l'arrière d'un van, le coffre grand ouvert. Je grimpe mais, arrivant au niveau du siège-carton, j'aperçois un étrange objet un peu plus loin. Il me faut l'objet, il a une forme si particulière et cette couleur ; matériellement irréelle. L'univers s'assombrit, je bascule en avant, me cogne la tête. J'ai les yeux face à l'objet, allongé sur le sol, je me met à son niveau, cet élément qui me possède demande mon allégeance. Je lui donne sans aucune once de défiance. Pourquoi tourner le dos devant un appel directement lié à ce qu'on estime le plus au monde ? A un moment, je l'ai embrassé ; je suis allé trop loin, emporté par un amour incompréhensible. Les portes s'ouvrent derrière moi. La lumière n'a jamais été aussi puissante. Un calibre .44 n'aurait pas fait plus de dommages. J'entends crier : « Qu'est ce que tu fous là ? », j'écarquille les yeux, l'air innocent, puis je me relève rapidement, et me met à courir. Mon saut du van vers notre bonne vieille terre ne se fait pas sans peine mais par miracle, je ne tombe pas. Je balance violemment ma jambe en avant, j'écrase ma chaussure sur le sol, puis, comme pour donner un de ces coups de pied chinois ravageurs, je propulse mon autre pied un peu plus loin. Je ne sais pas si j'ai déjà avancé aussi vite que ça dans ma vie. Le vent me fouette le visage, je suis une vraie – grosse – cylindrée lancée dans une course implacable ; dans ma poche l'objet unique – trouvé au fond du van. Je ne pouvais espérer une telle réussite. Les choses se profilent bien. Je passe des portes automatiques, essoufflé. Je suis en sueur, des voix enregistrées résonnent dans tout le bâtiment. Mais qu'est ce que je fous là ? Je n'arrive plus à respirer correctement, je manque d'air et tout le monde marche à une allure effrayante autour de moi. Des gens chargés d'affaires auxquelles ils semblent fortement attachés. Je m'étouffe, mais bordel – je vois un grand tableau d'affichage « embarquements » – qu'est ce je fous dans un aéroport ? J'ai l'impression de mourir, je n'arrive plus à réguler mon débit d'air. J'essaye de prendre un volume assez important pour survivre, sans non plus avaler l'air comme un goinfre, évitant d'attirer l'attention, ou même l'hyper-ventilation. Il est inutile de nier l'évidence, l'histoire va se terminer dans une de ces carcasses lustrées défiant les lois de l'apesanteur, forcément. Mais qu'est ce que je raconte ? Je suis dans un aéroport avec au minimum dix grammes de weed dans les poches. J'ai sûrement déjà été repéré, ils ont déjà dû envoyer une brigade pour me chopper. Alors, ils veulent me per-cho ? Ils veulent faire de moi leur pute ? Ils veulent rencontrer Sal Mocco ? Le toucher ? Le frapper ? J'attends chaque fils de pute ; j'attends chaque être qui se présentera devant moi avec, dans les yeux, l'espoir d'une victoire, aussi petite soit-elle ; je l'attends pour le connaître, l'étudier et lui écraser la gueule à coup de marteau, lui défoncer la boîte crânienne, manger son cerveau et essuyer mon cul, sale, avec ses cheveux et son sang. Bordel, il faut que je me cache, au moins le temps de préparer quelque chose. Je ne peux pas rester là, errant, comme un con. Je suis devant le tableau d'embarquements depuis une éternité, un mec est à côté moi, de temps en temps, il me regarde. Il a l'air énervé que son avion soit en retard. J'essaye de détendre l'atmosphère, toute cette mise en scène sur l'arrivée des pilotes me semblant un peu prétentieuse : « Putains d'avions, hein ?
- Pardon ? il tourne lentement la tête vers moi, un peu troublé.
- Non, je disais : putains d'avions. On les blinde d'essence de bonne qualité, il y a quinze mecs qui bossent dessus avant qu'ils décollent et ils arrivent quand même à avoir du retard. ». Il a un petit rire forcé. Je préfère partir. Au bout de quelques minutes, qui me semblent interminables, je ne sais plus où aller ; j'ai fait le tour de l'endroit et je commence à recroiser les même personnes régulièrement. Il faut changer de tactique … Les chiottes ! Je cherche une petite pancarte et une fois repérée et suivie, en quelques pas, je me retrouve dans les toilettes hommes. Je n'ai pas envie de pisser mais je rentre dans la cabine handicapé. Je m'assois puis je commence à réfléchir à tout ça. Mais bordel, qu'est ce que je fous ici ? Il va falloir que je commence sérieusement à me poser des questions, et les bonnes ; il faut sortir de ce merdier. Un homme rentre dans les chiottes, il est au téléphone. Il a l'air de se marrer. Il doit parler à un pote, il lui dit qu'il va candidater pour un job un peu mieux payé que celui qu'il a en ce moment et en répondant à – très certainement – une blague de son interlocuteur, j'entends son prénom : « Ouais, ou Arnaud le conquérant, ahah ; toujours plus, mec, putain ! ». Je décide de sortir de ma cabine, je veux voir ce mec. Je tire la chasse, justifiant ma présence ici, puis je sors. Le mec est court sur pattes, un peu gros, les cheveux d'un clodo. On a à peu près la même dégaine. C'est troublant. S'il faisait quelques UV, on aurait même pu monter un groupe « latino brothers ». Les mains dans les poches, et m'approchant d'un robinet, la folie me prend : mes doigts se referment sur l'objet unique collé contre ma cuisse droite et je tape le mec à la tête. Un coup puissant, Arnaud s'écrase à terre, il ne saigne pas ; et franchement, je pense qu'il est toujours en vie. En une fraction de seconde, j'installe le corps inerte sur une des chiottes. Je prends tout ce qu'il a dans les poches : son larfeuille, quelques papiers dont une carte d'embarquement et un paquet de clopes. En contre-partie, je lui laisse la weed que j'ai dans les miennes – je garde quand même un joint ou deux. Je ferme la porte, signalant qu'ici, c'est occupé, puis je m'échappe de la cabine par le haut – la paroi n'est pas bien haute, il n'y a aucun support horizontal pour arrêter mon escalade. La weed restante est contre ma bite et je sors rapidement des toilettes hommes. La situation est encore plus grave qu'à mon arrivée dans cet endroit, je ne vois plus vraiment grand chose, mon cerveau efface sa mémoire régulièrement, je ne peux plus construire de pensées cohérentes. C'est une situation quelques fois effrayante. Au portique de sécurité, je ne sonne pas, un homme estime devoir me palper et il le fait, il ne touche pas ma bite. La comparaison avec la photo confirme la potentielle crédibilité du « latino brothers ». Et je me retrouve place 87J. Autour de moi, les gens sont excités, certains parlent français, d'autres anglais, j'entends même de l'espagnol et de l'italien. Je demande une bière à l'hôtesse mais elle me dit que le chariot passera quand l'avion aura décollé. J'insiste. Et elle finit par m'apporter une Heineken assez fraîche, facturée trois euros quatre-vingt. Je suis en classe éco mais j'estime avoir le droit à un minimum de courtoisie à mon égard. J'ai toujours l'objet unique dans ma poche. Il ne prend pas beaucoup de place. Au bout de quelques minutes, tout le monde est assis ; à côté de moi, une jolie asiatique, elle est assez petite ; cheveux courts, noirs, raides. Elle ne semble pas avoir un sang pur. Sa mère a peut-être baisé un hippie californien ou un français baratineur, je ne sais pas, mais elle a ce côté occidental, qui la rend d'autant plus redoutable. Elle a le corps d'un ange et une paire de couilles d'acteur. On ne peut pas faire grand chose par rapport à ça. On est simplement victime. L'avion décolle et je commande une autre bière, je me retrouve – sur un malentendu, suite à une blague incomprise à propos de ma voisine – avec une mousse japonaise, facturée six euros quatre-vingt dix. Je commence à être un peu chaud. J'engage la conversation avec la croisée : « Tu vas où comme ça ? – elle jette un œil dans ma direction pour vérifier que c'est bien à elle que je parle.
- Au même endroit que toi, je suppose. – j'ai d'abord cru qu'elle me chauffait mais j'ai ensuite compris que l'avion ne faisait pas plusieurs arrêts et que je ne savais même pas où j'allais bien pouvoir me retrouver.
- Ouais, c'est sûr, ahah. Mais qu'est ce que tu vas y faire, c'est pour le boulot ou juste pour kiffer ? – elle a l'air amusée.
- Je vais voir une amie qui habite là-bas, puis je vais visiter un peu, c'est la première fois que j'y vais.
- Ah ouais, moi aussi, moi aussi.
- Ah ? T'as un pote là-bas toi aussi ?
- Ah … Euh, non. Pardon, j'voulais dire, que je n'y étais jamais allé.
- Ah, oui.
- Tu sais ce que tu veux visiter ?
- Pas vraiment, ma pote m'a promis de me montrer les endroits les plus cool, j'lui fais confiance.
- Des fois, ça joue des tours !
- Quoi ?
- Non, enfin, je veux dire, peut-être que ta pote, genre, elle va te montrer des statues commémoratives à la con, alors que toi tu veux aller te faire kiffer dans un gros club. Une fois je suis tombé dans une famille d'accueil en Allemagne, genre avec le collège, c'était des fermiers, ils m'ont montré des ponts, des églises et m'ont présenté l'arrière-grand père, une sorte de parrain bavarois, à moitié mort ; mes potes, eux, ils ont fait du bowling avec des pintes de bière payées par leurs familles d'accueil ; et une des filles s'est fait doigter dans les chiottes. Je veux dire, ouais, j'ai mangé dans des restos sympas mais bon, entre manger un truc bavarois avec des fermiers et doigter une meuf dans les chiottes d'un bowling avec quelques pintes derrière la cravate, perso, je trouve que y a du foutage de gueule quelque part, non ? », elle tourne la tête vers le hublot, je ne vois que ses jolis cheveux noirs. Elle ne dit rien. Je commande une autre bière, française cette fois-ci. Je me retrouve avec une seize, facturée trois euros cinquante. J'enchaîne les seize et l'hôtesse commence à faire la gueule. Pourtant, je remplis sa caisse à cette pute. Si vous ne voulez pas qu'on se bourre la gueule dans vos avions, n'y vendez pas de la bière. Si j'avais eu un rail de coke, je l'aurai tapé sur mon plateau dépliable, juste pour lui montrer qu'elle n'a pas à me juger du haut de son mètre quatre-vingt dix. Je m'aperçois qu'on a décollé depuis déjà deux heures et que je suis toujours dans une phase ascendante au niveau de ma défonce. Les bières ont pimenté le tout. Si j'avais eu un flingue, j'aurais peut-être essayé de détourner l'avion, juste pour le piloter un peu puis j'aurais demandé – par radio – à négocier ma peine, je promets de ne blesser personne, j'évite la prison, voilà. L'asiat' me pince la jambe, elle se lève, marche vers les chiottes et se retourne pour me faire un clin d’œil. La putasse ! Sérieusement, trop chaude la meuf. Je me lève, en fond une basse funk résonne, méchante, vibrante, l'epic win dans toute sa splendeur. J'ai l'impression de marcher au ralenti, j'approche de la porte. Elle indique « occupée », alors je tapote le bout de plastique ; rien ne bouge, alors, je murmure « c'est moi, ouvre ». Une hôtesse, à l'autre bout de l'appareil, me bombarde de petits regards curieux. Derrière la porte, j'entends un  « c'est occupé », j'insiste : « Non mais c'est moi, là, ouvre ». La porte s'ouvre, elle me fait les gros yeux et décampe, m'invitant, avant, d'un air un peu énervé, à rentrer dans les chiottes. Je ne comprends plus rien. Je rentre dans la cabine mettant ça sur le coup de ma défonce. Je ferme la porte derrière moi. Je suis seul dans cette boîte en plastique. Qu'attend-t-elle de moi ? Je n'ai pas rêvé, elle m'a bien pincé le genoux, elle m'a fait ce clin d’œil. Pourquoi a t-elle réagi comme ça ? Elle m'a l'air putain de tordue cette meuf. Peut-être qu'elle m'a laissé un mot, ou quelque chose. Je zieute dans tous les coins mais mon regard s'attarde sur l'intérieur de la chiotte. Là, au milieu du trou, une énorme merde, une merde gigantesque. Quelque chose d'indécent. Elle est encore fraîche, c'est forcément la meuf qui l'a pondue, elle n'a pas tiré la chasse, elle a juste laissé couler cette masse de son corps et s'est cassée, elle ne s'est peut-être même pas lavé le cul. Mais … Pourquoi ? S'attend-t-elle à ce que je la mange ? Une sorte d'amour indirect. Elle est vraiment tordue. En même temps, si je tire la chasse, elle ne saura jamais si j'ai vraiment mangé cette merde. Et je peux lui raconter ce que je veux, je suis pas un saint. Je peux tirer la chasse, retourner à ma place et lui dire que je l'ai fait, que je l'ai mangée. Que c'est bon. Le problème, c'est la preuve … Elle voudra obligatoirement une preuve. Mon haleine ? Une trace autour de mes lèvres ? Et puis, putain, pourquoi est-ce que je mangerai cette merde ? Cette garce n'est pas du genre à faire des branlettes-bonne-nuit, elle fait dans le psychoscato, c'est une putain d'allumée. Je l'emmerde. Néanmoins, cette merde me fascine, elle est d'une taille – comme j'ai déjà dû le dire – impressionnante. Mais plus que la longueur ; son diamètre est monstrueux. Elle doit avoir un anus d'une élasticité incroyable. Ma main plonge, je croque un premier bout, plutôt petit, puis j'enchaîne avec deux grosses bouchées, j'avale sans mâcher. Comme un oisillon, j'utilise ma gorge pour faire avancer la merde, je n'utilise à aucun moment ma langue, j'oublie l'existence du goût. Je vomis quelques secondes plus tard. Le tout ressort en trois douloureuses vagues. A un moment, me vient l'idée de lécher ce que je peux, pour ne pas avoir fait tout ça pour rien, pour récupérer un peu de ma dignité, étalée là, sur le sol. Mais j'abandonne. Je lave ma bouche avec de l'eau du robinet, laissant tout de même une petite trace sur ma joue droite. Après tout, je le mérite. Je tire la chasse puis sors de la cabine. Je vais me rasseoir à ma place. Elle me fait un sourire. Je lui murmure « c'est bon, je l'ai fait », mais elle ne répond pas. Je commande un martini, facturé cinq euros soixante-dix. Je m'endors avant d'avoir terminé le verre. Deux heures plus tard, un gamin braillard me réveille, le temps se fait long mais je suis toujours bien défoncé, je vide mon martini. Les heures s'enchaînent, je commence à vraiment me demander où je vais atterrir, j'avoue miser sur le Canada, ou truc du genre. Ce serait cool le Canada, ses forêts, ses routes, ses drogues, on doit y avoir la belle vie. L'avion arrive, le pilote m'informe, enfin, de la destination : San Antonio (Texas). C'est plutôt coolos. Mais bordel, qu'est ce que je suis défoncé, j'ai l'impression que ma défonce s'accentue d'heure en heure. C'est vraiment le putain de bordel. Je sors enfin de l'avion : je descends des escaliers, j'en monte d'autres, pour au final arriver devant un mec qui s'attend à me voir lui donner des réponses :
« Have you any dangerous things on ya, sir ?
- Euh … No, no.
- Why do you want to visit usa, sir ?
- Holydays.
- Where will you sleep, sir ?
- Sorry ?
- Where will you sleep : friend's home ? Hotel ?
- Oh, ouais … Euh, Hotel, hotel.
- In San Antonio ?
- Yeah, sure.
- Okay, sir, have a nice day. Enjoy your holydays.
- Oh, thanks. ». J'arrive dans la grande ville, moins funky que ce à quoi je m'attendais mais c'est quand même bien cool. Les gens me guident, je ne sais pas quoi faire, j'imite, j'observe, en quelques minutes, je suis dans un taxi, puis dans un autre, puis dans un bus, j'ai même fait un peu de vélo quand j'en ai trouvé un, apparemment pas attaché ; la finalité c'est cette route que je parcours maintenant depuis quelques temps. Je suis toujours aussi défoncé. Je suis sur la chaussée d'une nationale américaine, en plein milieu du désert Texan. Bordel de merde. J'étais sur le point de me demander ce que je foutais là, mais la beauté du paysage m'en a empêché. Je suis assis sur un rocher, le soleil est en fin de course mais toujours bien visible, à l'horizon une énorme colline rouge, le sable roussi accueille de magnifiques cactus verts sombres, le ciel est orange. J'attrape l'objet unique, un radiocassette portatif jaune avec son petit casque nineties, les piles sont à leur place, elles semblent encore pleine de fougue, il n'est pas abîmé par le choc avec Arnaud, il y a une cassette dedans, il ne doit pas y avoir beaucoup de morceaux, peut-être trois ou quatre. Je met le casque sur mes oreilles, je rembobine la cassette et appuie sur play. Je me roule un joint, le soleil se couche.

8 commentaires:

  1. "Avec la vérité d'un philosophe, la bonté d'un moraliste et la beauté d'un artiste, Sal Mocco a tout pour plaire aux esthéticiens du XVIIIème siècle."

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  2. Heureusement que l'avion arrive au Texas et pas au Canada putain. Ça a l'air d'être un bel endroit à ce que tu en dis.

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    1. Ouais, on se gèle les couilles au Canada. Mais bon, c'est pas non plus la mort : tu fous le chauffage dans ta caisse et tu vas niquer de la bestiole dans un bois, c'est quand même calé.

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  4. Je ne m'en rappelle même plus ... Certainement d'obscures morceaux d'acid. Les vieilles cassettes abritent souvent des pépites.

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